La Libellule (ou agitation dans un wagon de troisième classe)

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Elle était étendue, nue,

une serviette minuscule jetée sur le bas du corps,

cache sexe superflu

Sans voix, sans conscience

L’homme à côté d’elle frigorifié, apeuré

Crie pleure cherche l’air pour faire refluer la vie

dans les poumons de son amante

Malaise, perte de connaissance

Quart monde inscrit dans le rien des claustrations

Humains désincarnés, désenchantés

Yeux absents

Bouche entrouverte

Petite main chaude dans la mienne serrée

Froid

Minutes interminables

Puis…

Doucement…

À nouveau, les yeux s’ouvrent