Aigreur et préjugés…

Au vieil aigri (ou jeune) de la vie qui a une vision étriquée et caricaturale du monde, ou de la politique, trop occupé à mater son nombril, ancré dans des préjugés d’un autre âge…

Je dis : tentez de vous imaginer à la place de ceux qui dorment dehors, ceux qui viennent de loin parfois au mépris du danger, pour échapper à une guerre, à la corruption, que sais-je encore…

Tentez de vous imaginer isolé, exclu du système pour cause d’illettrisme (double peine), ou abandonné d’une prétendue famille… Imaginez le froid à l’intérieur de l’âme…

Imaginez la lutte contre le froid dehors, contre l’humidité, et même contre la chaleur de l’été sans pouvoir, comme nous tous privilégiés qui avons un toit au-dessus de nos têtes, vous rafraîchir simplement…

Imaginez-vous abattre les kilomètres à traîner un paquetage – votre seule richesse – sur le dos afin de se laver, se libérer de la saleté de la rue qui colle à la peau, et s’ancre dans les interstices, ou à emprunter quotidiennement des toilettes publiques pour vous soulager…

Ça n’arrive qu’aux autres, pensez-vous, qu’aux plus faibles, aux fainéants, à tous ceux, indignes de bénéficier des droits fondamentaux – le droit de se nourrir, se soigner correctement, d’avoir un logement – ceux-là même qui mendient au coin des rues plutôt que d’aller bosser…

Imaginez que du jour au lendemain, vous vous retrouviez à leur place.

Que ressentiriez-vous face à l’indifférence crasse, face au mépris infligé par des passants comme vous, qui jugez que cette vermine devrait s’évanouir, cette vermine dispendieuse et lourde sur vos impôts, pendant que certains pour qui vous avez voté, sûrement, se servent de votre crédulité égoïste pour s’enrichir impunément…

Vos préjugés ne servent aucune cause, et ne vous rendent même pas heureux. Je vous plains… Nous avons tous peur du lendemain, mais nous n’accusons pas les boucs-émissaires désignés. Nous n’aimons pas la grossièreté.

Publicités

8 réponses à “Aigreur et préjugés…

  1. La liberté n’a de sens que lorsque nous l’avons perdue. La dignité pourtant court encore les rues dans cet acte unique de rester la vie. Moi, je serais mort depuis longtemps. Jonas

  2. Oui, mais les autruches (j’aime ces grands oiseaux, les vrais) n’aiment pas qu’on leur ouvre les yeux, et cela me fait monter un brin la violence contenue…
    Bises Alma

  3. Je ne crains pas la grossièreté et suis persuadé qu’il faut dénoncer, comme tu le fais, ce décalage entre le statut de ces pauvres gens et les belles phrases dont se gargarisent les politiques du beau pays des droits de l’homme. Et horreur par dessus l’horreur, as tu vu les publicités qui apparaissent en bas de ton article ? chirurgie plastique, calvitie, les pires mets à manger le soir et une pin-up qui vend je ne sais quoi. Comment veux-tu qu’on sorte de ce système ?… mais bravo pour cet article qui réclame plus de dignité pour tous les défavorisés.

  4. Excellent Pascale, je me permets d’ajouter que c’est beaucoup plus facile, et beaucoup plus rapide qu’on ne croit de se retrouver à la rue. Que ceux que tu appelles bien trop gentiment des aigris le sachent, nul n’est à l’abri!

Vos pensées

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s