Paris VS Lyon (18)

La bibliothèque de la cité

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Lyon, le 15 juin

 

Ma Jeanne,

 

Tu me quoi ? Toujours à ironiser…

Ne crois-tu pas qu’il est dangereux d’inviter des inconnus en ta demeure ? Non, je suis idiot. Voilà que la méfiance générale me percute. C’est un virus que je ne veux pas attraper. J’espère seulement que tes nouveaux amis ne dérangeront pas notre projet. Si nous nous installons à Lyon, en septembre, que vas-tu faire d’eux ? Projettes-tu de les emmener dans tes valises ? Même si nous choisissons Paris, d’ailleurs, ne vont-ils pas se lasser de tenir la chandelle de nos amours passionnées ? Et nous, n’allons pas nous sentir encombrés de ces deux jeunots qu’on n’a même pas enfantés ? Comme les questions assaillent tout-à-coup ! Une scorie dans les plans et hop, les questions surgissent avec leurs grands sabots… Mais il ne faut pas que je m’éloigne de notre contrat. On ne va pas trébucher sur un détail !

Je te remercie pour ces informations concernant Bartholdi, qui je te le rappelle, est à l’origine, aussi, de notre statue place des terreaux ! Et tu n’es pas sans savoir qu’il est Alsacien. Non mais ! Ce qui ne te vaudra pas de point pour ces révélations certes intéressantes !

Mon vélo a été réparé très vite. Seul le câble d’un des freins était sectionné. Tu sais que je suis un piètre bricoleur, je l’ai donc apporté à un réparateur, la note fut un peu salée, d’autant que je ne me remets pas de m’être retrouvé le nez dans la merde…

J’ai décidé de t’emmener aujourd’hui en direction du huitième arrondissement. Ce n’est pas un quartier très touristique, il est plutôt populaire. De grandes avenues, qui ont ô combien changé depuis les années 80, bordées de quelques arbres, le tramway, qui n’existait pas lorsque j’ai quitté la ville, au demeurant très pratique si l’on n’aime pas voyager sous terre. Il en existe quatre je crois, mais ce n’est pas l’objet de la visite. Les cités idéales, sur le boulevard des États-Unis, sont trois fresques qui illustrent le mythe de la Tour de Babel. Mais Les cités idéales ne s’arrêtent pas là. Ce sont vingt-cinq fresques peintes sur des pignons d’immeubles. Un véritable Musée Urbain et gratuit. Je ne saurais te les décrire toutes. Ma préférée, je crois, mais lorsque j’avançais au guidon de mon vélo, je changeais d’avis à chaque nouvelle peinture, c’est cette œuvre qui célèbre le vingtième anniversaire du jumelage entre la ville de Shanghai et la Région Rhône-Alpes. Peut-être mon côté communiste anarchiste qui ressort… On se demande bien comment l’on peut être à la fois communiste et anarchiste d’ailleurs.

Je ne suis pas friand de la fresque où Tony Garnier est représenté, bien que ce fût l’un des plus grands architectes Lyonnais. Je trouve les couleurs un peu fades. Je préfère celle où sont peints les abattoirs de la mouche, avec leurs structures métalliques chères à Garnier. On en revient à la mouche, le quartier qui donna son nom aux Bateaux Mouche, et aux structures métalliques que nous chérissons toi et moi, celles de nos deux gares…

Pour en revenir à la fresque chinoise, j’aime les couleurs de cette peinture. Il y a du rouge évidemment, un dragon, quoique je ne sois pas sûr qu’il s’agisse d’un dragon. Plutôt une sorte de lion. Tu la trouverais un peu kitch, mais ce que j’aime c’est qu’elle ne s’arrête pas au pignon de l’immeuble, elle se poursuit sur le côté droit de la façade pour donner une impression qu’elle continuerait volontiers jusqu’à la recouvrir complètement… Comme si elle avait été interrompue brusquement… par un manque de peinture ? Non je m’explique mal, il faudra que tu la voies car je ne m’en sors pas avec ces éclaircissements qui m’embrouillent.

Baisers

                                                                                       Jean

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2 réponses à “Paris VS Lyon (18)

  1. Très heureuse que tu savoures Alma !
    Comme je suis d’accord avec ce que tu dis à propos de ce qu’il y a dans la tête des humains ! Parfois pourtant, il suffit d’une toute petite étincelle…
    Je t’embrasse

  2. Ah, ah! Salut mes amoureux préférés:)
    La même générosité chez l’un et l’autre, ils ont tout pour être heureux, ces deux là. J’espère que tu ne nous prépares pas une fin triste;)
    Comme je comprends le malaise de Jean entre communisme et anarchisme! Il y a dans les têtes et les coeurs des humains de belles nuances si difficiles à appliquer dans la société…
    Merci Pascale, je savoure ce feuilleton épistolaire:))

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