Paris VS Lyon. Roman épistolaire (16)

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Lyon, le 8 juin

 

Ma très chère Jeanne,

 

Des tarots ? Mais de quoi parles-tu ?

Oh ! Sultan était vieux de toute façon. Et méchant comme une teigne avec ça ! Je ne peux pas croire que tu sois fâchée au point de ne m’écrire que ce court message dénué de tout détail puissant savamment choisi afin de m’inciter à venir vivre à Paris. Je m’étais habitué à tes tartines.

Je continue mon tour des fresques. Aujourd’hui, je suis allé faire un tour du côté du cinquième arrondissement. C’est un arrondissement important et historique, il englobe la colline de Fourvière, connu je te l’accorde pour ses bouchons Lyonnais, pas les restos, les embouteillages sous le tunnel fatidique ! Munatius Plancus a fondé la colonie romaine de Lugdunum à Fourvière en 43 avant J.-C. Rien que ça. C’est dans le cinquième arrondissement que le Lyon romain et médiéval a éclos avant de franchir la Saône, où le passé Romain a laissé beaucoup de vestiges.

Les fresques de la Sarra se trouvent dans le cinquième. Celles-ci sont somptueuses par leur taille, puisqu’elles couvrent trois mille mètres carrés ! Elles sont moins romantiques que celles que l’on peut contempler en Allemagne, mais elles apportent une telle chaleur au quartier… C’est actuellement le plus grand trompe-l’œil architectural d’Europe, du monde peut-être. Il faudra que je vérifie cela. Quatre longues barres d’immeubles sont converties en un cœur de ville aux architectures et aux couleurs chatoyantes. Encore des camaïeux de roses, de jaunes, d’ocres et une mise en scène du quotidien des habitants sur les murs. Des plantes, des fausses fenêtres au milieu d’autres, vraies, de fausses niches avec de fausses statues, et des faux toits. Il y a même un peintre en train de repeindre la façade, tellement vrai, que j’ai failli lui demander l’heure. J’avais oublié mes lunettes.

Toujours sans mes lunettes, j’ai continué mon chemin, mains sur le guidon, cheveux au vent. J’ai voulu emprunter une petite rue pour redescendre de la colline. La charmante montée des Epies. Les rues de Lyon ressemblent parfois à celles des villages Provençaux, te l’ai-je dit ? Je suis parfois un peu exubérant…

Cette montée, comme d’autres est peu large, et, à certains endroits la chaussée se transforme en escaliers serpentant. Trop. Je descendais allègrement, comme à mon habitude dans les descentes, qui me font moins souffrir que les côtes raides entraînant sur mes articulations d’importantes afflictions. Je descendais trop vite, et je n’ai pas vu à temps les escaliers qui ont surgi à l’improviste. Il faut dire que j’étais occupé à admirer, en passant, une magnifique grappe de glycine dépassant d’un mur. Je trouvais sa floraison en retard, elle était légèrement à l’ombre en journée, ce qui est souvent le cas dans les ruelles. Je l’examinais donc, et au lieu de stopper ma machine comme l’aurait fait n’importe qui, je continuais à laisser aller mon vélo les yeux rivés sur la glycine, lorsque l’escalier a commencé là où je ne m’y attendais pas ! Mon vélo s’est laissé surprendre lui aussi, si bien que je me suis retrouvé sur les pavés, après un vol plané au-dessus du guidon. J’ai terminé ma course le nez dans une merde de chien. Ne ris pas !

Je me filerais des baffes par moment !

Baisers salis

                                                                                       Jean

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4 réponses à “Paris VS Lyon. Roman épistolaire (16)

  1. Un garçon charmant, ce Jean…quand il est propre:) Que va penser Jeanne de ce baiser très spécial venant malgré tout d’un doux poète?

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