L’auto édition… Si on en causait ?

Après de longs mois d’attente qui chez certains auteurs se transforment même en années, l’auteur commence à désespérer de trouver un jour son lectorat. Il croit qu’être publié signifie trouver des lecteurs, et surtout, il a bien envie d’être sélectionné, choisi, reconnu quoi ! Passer par un éditeur lui paraît être la meilleure solution. Alors commence le chemin de croix (j’exagère à peine) !
La plupart des éditeurs refusent les envois par courriel, l’auteur bien attentionné envoie donc son précieux manuscrit accompagné d’une lettre d’introduction à quelques éditeurs, triés sur le volet (ça lui a pris plus de temps fou), il lit des livres publiés chez l’éditeur sélectionné, parcourt les collections, pour être à peu près sûr de son coup : correspondre à la ligne éditoriale (électorale ?).

Les dits manuscrits reviennent (ou pas) accompagnés, eux, d’un courrier type (ou pas) toujours le manuscrit est digne d’intérêt, bien écrit mais ne correspond pas à la ligne éditoriale… Ceci, à condition qu’il ait payé les frais de renvoi, évidemment. Parfois un éditeur se fend d’un commentaire un peu plus personnalisé, très critique, mais pas forcément constructif… Pourquoi ? Parce qu’ils en reçoivent des centaines, (voire des milliers) !
L’auteur, pas découragé pour un rond, trie d’autres éditeurs, un peu plus petits ceux-là, voire carrément minus sur l’échelle de la notoriété il s’entend, et là, après quelques mois cette fois : bingo, son manuscrit intéresse. Si si ! Branle-bas de combat,  échanges, corrections diverses et variées (ou pas), BAT signé et hop !

Mais la petite maison n’a pas les moyens d’effectuer une large promo et le livre tombe dans les oubliettes au bout de quelques semaines. Cela dit, même si on a la chance d’être publié (est-ce une chance ?) chez un gros, un très gros (si si ça arrive) il ne fait pas non plus long feu le manuscrit, tout juste trois semaines, c’est la durée de vie moyenne d’un bouquin sauf si c’est un best-seller ! Le « gros éditeur » décide que le bouquin le vaut bien (entendre il pense qu’il peut rapporter gros), alors il pousse un peu le bouchon, il fait de la promo, offre le bouquin aux copains journalistes et là, le sésame attendu (ou pas) : bingo ! le livre se vend, comme par enchantement, le bouche à oreille fonctionne, aidé par un ou deux passages télé ! Bon. Mais sur la centaine de livres qu’il publie, le gros, seul un va rapporter les sous qu’il faut pour publier les autres, les tout petits, ceux qui seront relégués aux fonds de tiroir des libraires après 3 semaines. Espérer vendre une centaine de livres avec un gros, c’est déjà bien !
Quant aux autres, le pauvre auteur en a donc essayé plusieurs : l’un a cessé ses activités avant que son livre ne soit publié, l’autre lui demandait de mettre la main au porte-monnaie pour la promo, un ‘autre encore  lui demandait de faire la promo à sa place, tandis que le dernier a été placé en liquidation judiciaire avant même de payer ses droits à l’auteur. Au passage, il avait même oublié de payer ses employés ! Sans compter celui qui publie à peu près tout et n’importe quoi…

Las, l’auteur fera bien encore une ou deux tentatives, mais se rendra compte que si c’est pour faire lui-même le boulot, autant, pas pisser dans un violon non, mais s’auto-éditer !
La reconnaissance finalement… Elle viendra des lecteurs !

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6 réponses à “L’auto édition… Si on en causait ?

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  2. Mais elle a raison ! Je n’aurais pas songé à publier si des amis ne m’y avaient pas encouragée.
    Le parcours du combattant, n’est plus obligatoire, pour partager « ses œuvres » avec des lecteurs. A l’heure de l’internet et du livre numérique, beaucoup d’auteurs intéressants sont lus. D’ailleurs, beaucoup d’écrivains devenus aujourd’hui des « classiques », n’avaient pas trouvé d’éditeur de leur vivant, et étaient décriés même, Flaubert, Maupassant… Vian (que j’adore et admire) a passé sa courte vie à se « chamailler » avec son éditeur Gaston Gallimard, et son oeuvre n’était pas appréciée du tout. Pourtant…
    écrire… Pourquoi écrit-on ? On écrit pour être lu non ? Pas pour que nos écrits restent dormir dans des tiroirs.
    Alors pourquoi ne pas tenter l’aventure, et si d’aventure… Quelques lecteurs aiment nos textes…
    Amitiés littéraires !

  3. Je crois me reconnaître dans les lignes qui précèdent. Elle est chouette almanito, elle me veut du bien, mais elle a une trop grande opinion de mon talent… Je me tue à lui expliquer que le talent c’est 10 %, que tout le reste n’est que travail, travail, travail, et que, même si après tout ce travail-là me convient bien, je me retrouve dans le temps qui me reste trop vidée pour me farcir un quelconque parcours du combattant qui ne me tente de toute façon pas…. Résultat, elle me gronde… Alors voyez comme c’est intéressant!

  4. il est recherché, mais ce qui est recherché surtout c’est la valeur marchande du livre ! Il est devenu un produit comme les autres au fond…
    Mais il arrive au hasard des publications, de rencontrer son lectorat, aussi peu nombreux soit-il, même si cela se passe sur un blog, et c’est sympa et constructif.
    Amitiés Alminato

  5. Et moi qui essaie de convaincre une amie blogueuse de grand talent aussi de se faire éditer…
    Quand je pense parfois à ce qui est édité et qui ne vaut pas un clou, je me dis que c’est comme pour tout: le talent et la qualité ne sont plus des valeurs recherchées de nos jours.
    Triste tout ça..

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