Une maraude, une autre

Quelques jours de vacances… Et déjà rattrapée par une réalité… Voici une nouvelle maraude

Premier jour des soldes et un monde monstrueux dans les rues, et pas seulement des sans-abri ou des SDF. On s’est faufilé entre les passants nonchalants et l’on a distribué, comme d’habitude les salades de thon/tomates/poivrons et chou chinois, petits pains, merci boulanger. Quelques yaourts, et abricots, merci marchand de primeurs. Café thé et biscuits pour commencer, pour le bonjour. Nos amis de la rue ont même demandé si j’avais passé de bonnes vacances. C’est fou que des personnes qui dorment ici ou là s’inquiètent quand même, voire se réjouissent de nos vacances !

Rues animées par des musiciens et des enquêteurs, en plus des soldes et des acheteurs. D’abord quelques « absents » : Manu et Claude, Indra et les deux polonais qui dorment aux alentours de Perrache. Remplacés par une kyrielle de réfugiés, ceux qui se sont retrouvés dehors (entre autres) déboutés de leur demande d’asile. Dégoutés. Là, plus de salades, mais le café, le thé et les fringues furent accueillis avec reconnaissance. Ce sont de vieux habitués, hélas.

Patrick non plus n’était pas là, il est sans doute parti en vadrouille. Nicolae et son fils devaient avoir regagné « leurs pénates » à St Paul, nous sommes passés trop tard. Grazian a attendu avec Puffy, qui guette et se lève invariablement pour me faire la fête. Grazian est persuadé qu’il se souvient du jour où je l’ai emmené chez le « doctor » avec Danaë.

Notre maraude d’hier a été très longue et éprouvante pour mon corps. Tant pis. Position allongée au retour. Longue, malgré les absents, remplacés par ceux qui ne sont là qu’épisodiquement. Les SDF voyageurs, telle cette jeune femme qui court l’Europe avec son compagnon et son chien, le banjo en main, elle nous dédicace un blues. Sa voix éraillée va bien avec le bitume.

Plus loin, notre monsieur énigmatique, il ne répond à mes questions qu’à mi-voix en regardant le sol. Le flûtiste laisse son instrument pour examiner nos offres et remplir son immuable petite bouteille de café. Il ne semble pas consommer d’alcool. Mes compagnons du jour ne le comprennent pas, cet homme  qui semble vraiment abîmé. Ils l’appellent l’autiste. Il voulait un pantalon, que nous n’avions plus.

On a aussi croisés Marianna, Calin et leurs deux enfants (la petite marche maintenant), accompagnés par un ami qui lui aussi a deux enfants. Marianna avait effectué son premier jour de travail. Elle semblait contente. Depuis le temps qu’elle cherchait du boulot. Calin, c’est plus dur, un Rom handicapé, on le voit venir.

A Perrache, un très jeune homme, avec un chiot assoiffé était là, assis dans un coin aux odeurs de pisse, rejoint ensuite par un homme que nous n’avions jamais vu. D’ailleurs le chien a mis de la sienne juste après qu’on lui ait donné à boire, puis s’est brulé dans le café qui s’était renversé. Hurlements stridents. Pauvre bête. Le tee-shirt du garçon affamé et paumé nous ont rappelé les conditions de vie précaires et peu attrayantes de ceux qui vivent enfermés dehors…

Nous nous sommes quittés dans le métro, après trois heures de maraude, deux valises de vêtements emplies à bloc vidées en deux coups-les-gros et un peu moins d’une trentaine de repas distribués. Mais comme on dit toujours « c’est déjà ça »…

Publicités

7 réponses à “Une maraude, une autre

  1. Ah si tu viens, fais-moi signe!! tu trouveras sans doute changé, surtout les « grandes villes », mais la nature est toujours aussi sauvage: comme tu sais, nous y veillons;)

  2. Merci à toi Alminato.
    Ton commentaire se sera caché dans ton jardin… 😉
    Je n’imaginais pas qu’il y en avait autant qui traversait la Méditerranée ! Cela dit nos amis voyageurs traversent bien l’Europe.
    Cela fait longtemps que je ne l’ai fais moi-même, ton île doit avoir quelque peu changé… Il faudra que j’y revienne un de ces jours… J’y ferai bien quelque maraude ! sourire
    Amitiés

  3. Le début de mon commentaire a filé je ne sais où… je recommence mais tu auras peut-être le début:))
    Je disais donc que je les vois arriver en même temps que les vacanciers qui sortent des bateaux avec juste un sac qui contient toute leur vie. Ils ne se dirigent pas vers un lieu précis, font quelques pas choisissent un endroit et s’assoient pour l’été, Cet hiver, ils seront toujours là et de plus en plus nombreux. Au moins auront-ils moins froid que sur le continent, peut-être seront-ils traités de façon un peu plus humaine…peut-être…
    Merci Pascale

  4. Ah toujours en mode B.A. lis-je…. voilà comment bien gagner sa place au paradis comme on dit, merci pour eux…. 😉 Jill et bel été Martine…

Vos pensées

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s