Maraude toujours. A chaud et en musique…

Hier presque une balade, si l’on tient compte du fait que nous n’étions pas là pour profiter du soleil, des cocotiers (euh ma bonne dame des cocotiers à Lyon j’en ai pas croisé beaucoup)… Nous maraudions, donc, avec Marie-Pierre, et la première personne – ou la troisième on se fiche de l’ordre – que nous croisions, c’était ce monsieur Roumain avec son chien, celui qui nous gueule dessus systématiquement quand nous approchons. Pourtant il avait délaissé sa place et ses affaires –  l’homme, pas le chien, quoique – pour se poster devant un opticien, afin d’écouter un groupe de musiciens (rime riche) joyeuse fanfaronnade de cuivres et autres objets divers et variés, sur lesquels notre homme gesticulait joyeusement. On peut être SDF et apprécier la musique. Pendant que nous lui versions du café, il époussetait mes genoux, qui, à force d’être posés à terre pour servir, prenaient l’allure de pantalons version clocharde. Habitude de m’immerger dans le paysage…

La scène était burlesque, Marie Pierre tenant le verre, lui baissé nettoyant la poussière de mes articulations, moi riant et demandant inlassablement « vous voulez un bout de gâteau », lui de répondre tout aussi inlassablement « pas de sac », et ainsi de suite jusqu’à ce que, fatiguée de lui expliquer que c’était pour consommer sur place je lui sorte un sac en plastique et lui emballe gâteau et clémentines. Soupirs joyeux des deux côtés. La scène se termine, comme à l’habitude avec lui par des embrassades impromptues pour ma compagne de maraude, je la rassure aussitôt avec un « oui il embrasse lui ! »

C’était samedi, donc, comme tous les samedis, le monde assez oppressant des rues nous faisait penser à un weekend Pascal sur la côte d’azur… d’où les cocotiers (même s’il n’y a pas de cocotiers sur la côte et même si le weekend en question c’est la semaine prochaine)… Mais nous n’étions pas là pour nous extasier devant les monuments à l’instar des visiteurs qui se trimbalaient cartes en main, nous avons donc continué notre maraude entre l’hôtel de ville et la place Ampère en distribuant frusques, café, gâteau et clémentines. Revue cette jeune femme réfugiée, sans sa fillette, qui mendie dans la rue de la Ré, si frêle qu’on aurait envie de la prendre dans nos bras. Elle vit dans un squat, sans doute avec famille et amis, peut-être. Ses yeux regardent droit devant, elle remercie les passants qui lui déposent une pièce, presque sans bouger le corps. Elle a honte d’être là, dans la rue, droite, à quêter pour bouffer.

Elle nous rappelle que la trêve hivernale est terminée depuis un moment,  que certains foyers ont fermé leurs portes, et que tout ce petit monde croissant retourne à la rue (ceux qui l’avaient quittée) aux bouts d’bitumes, certes réchauffés, mais trottoirs quand même. Ça, c’est dit.

Sinon, rien. Rencontres improbables comme souvent, des jeunes de bonne volonté, artistes sur les bords, qui arrondissent les fins de mois et troquent jonglage, bouts de musique – comme notre ami accordéoniste, ou l’autre violoniste – ou encore l’autre qui enfile son costume de chèvre, sous lequel il transpire, pour amuser les enfants, qui troquent donc ces petits spectacles contre une pièce. Mais ne vous y trompez pas, ces spectacles-là sous leurs airs de bonne humeur, dissimulent une exigence : celle d’être là pour survivre.  C’est la vie : on rit on pleure on rit… Allez : musique !

accordéoniste

http://fringuesoupecie.wordpress.com/

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6 réponses à “Maraude toujours. A chaud et en musique…

  1. Bien sûr, et même je t’en remercie d’avance !
    Tu as raison, le printemps renouvelle les passions et les bonnes volontés !
    Belle semaine Alminato
    Bisous bisous

  2. Sympa la photo! j’ai vu aussi la vidéo, je la passerai un de ces jours chez moi ( en début d’hiver, les gens sont plus motivés)
    si tu es d’accord, elle véhicule une belle énergie!

  3. Le contraste souligné entre les deux populations, l’une plans en mains, vacanciers touristes et l’autre, sur le bitume…toujours. N’empêche, celui qui profite à fond de la musique et ne craint pas de le montrer, c’est le monsieur Roumain.

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