Une maraude encore… La rue c’est tout

C’est pas parce qu’on est SDF qu’on a tous les droits, même d’abord. Hervé l’énervé commence à nous les briser menu… En colère pourquoi cette fois ? Ben il en a tellement de la colère, qu’on arrive plus à faire le tri… Mais y a pas qu’Hervé, donc en avant toute, direction… ceux qui sont pas en colère ! Ça te passera avant que ça me reprenne…

La rue, c’est pas la joie, ça on l’sait. Hier, y avait pire que se faire engueuler par Hervé qu’était pas content parce qu’on passait le voir en dernier et qui en veut à la terre entière et qui dit en m’engueulant à son voisin, car y avait un voisin, je l’engueule si je veux c’est une amie… . Ben tiens ! Faudrait voir à pas tout mélanger garçon ! Moi j’suis juste la gonzesse qui t’emmène du monde à engueuler, hein les filles (pardon Jean) ? Yeux interrogateurs de Marie-Pierre qui ne connaissait pas Hervé…

Oui, y a pire… Un homme qui vous remercie, et qui s’effondre dans vos bras. Ça c’est pire. On ne s’habitue pas. Ou à peine. On ne s’habitue pas à l’injustice. Cet homme droit comme un I, s’est recroquevillé sur mes épaules en deux temps trois mouvements simplement parce que l’on prêtait attention, simplement je crois, parce l’on s’est arrêtés, qu’on lui a destiné des mots, une parole, pas juste une pièce dans son gobelet… ça vous secoue la maraudeuse… même le maraudeur…

Mais on est là pour ça ma bonne dame. Pour cette misère-là. Pas celle des vidéos toutes gentilles. La rue, c’est cela, faudrait pas l’oublier. Et de temps à autres, ben le sourire n’y est plus. De temps à autres, la détresse remplace… C’est comme ça.

De temps à autres, il faut continuer la maraude et aller vers les autres, en laissant un pote tout mal tout pas bien… On retrouve les autres, sur le chemin, salades de mains, d’embrassades (j’suis comme cette psychiatre qui a ouvert un lieu de vie et qui refuse de se laisser guider par les règles de la distance, comprenne qui pourra). Ceux qui ont besoin de câlins, ils en ont. Voilà.

Bilan chiffré : une énorme détresse, une colère, beaucoup de sourires et 3 kilos de pâtes partagés, quelques fruits, bouts d’fromages et de café… Quelques frusques en option…

Conclusion : on y retournera samedi. Voilà. Pas d’épilogue…

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2 réponses à “Une maraude encore… La rue c’est tout

  1. Merci Jonas, j’aime trouver de temps à autres quelques traces, dont les tiennes font partie…
    Même si mon blog n’est plus vraiment un blog, où que je n’y fais que de passages éphémères…
    Mais parfois j’entre sans frapper, çà-et-là… et me vient alors l’envie de poster quelque chose, une trace (tiens) de ce que je poursuis inlassablement (re-tiens) : l’écrit-ure
    Sinon, j’aime bien être parmi « les cœurs aux manches retroussées » !
    Merci Jonas !

  2. Pas d’épilogue, jamais, car l’histoire se poursuit, inlassablement. Ce pas un conte, même pas une aventure, c’est un simple témoignage doré de manches qui se retroussent sur des coeurs gros comme ça. Voilà ce que vous êtes, des coeurs aux manches retroussées.
    Jonas

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