Maraudes et canicule…

Cela faisait un bout de temps que je ne m’étais pas arrêtée à l’une de nos maraudes… Que je n’avais pas consigné… L’été, je suis au ralenti… 

Samedi 3 juillet.

L’été, les aficionados de la pensée commune ont coutume de croire que ceux de la rue sont tranquilles les pieds en éventail comme s’ils étaient à la plage, goûtant les rayons solaires à la manière d’estivants  en goguette…

Les maraudeurs que nous sommes après deux ou trois heures à arpenter les rues à l’asphalte qui fond comme neige au soleil se rendent mieux compte, peut-être, qu’il n’en est rien, et que, le plaisir se transforme vite en cauchemar lorsqu’ils sont tout poisseux et qu’ils n’ont rien d’autre que les fontaines pour se rafraîchir la couenne, ou foutre un souk exotique afin que les autorités un peu cow-boy sur les bords les envoient « à l’ombre » d’une cellule… quelques heures gagnées, et avec un peu de chance, ils auront droit au karcher et au dépouillage gratuits ! Les moins téméraires restent dans les encoignures de portes cochères.

Mais je l’ai déjà dit…

Hier, il y avait du nouveau dans les rangs des maraudeurs. Denise et Serge, ainsi que Natasha vinrent grossir la fine équipe, et l’un de nos habitués m’en fit même la réflexion « y a du monde aujourd’hui ! ».

Oui, nous étions six avec Jamel, déjà entraîné à l’exercice. Pour cette occasion  – trois nouveaux, ça se fête – on avait sorti le grand jeu : une salade de riz presque géante, une salade de haricots verts tout juste sortis du jardin (pas le mien), gâteau, crêpes etc. ont été victimes de la convoitise de nos chers « potos » des rues. Entendez (ou lisez) par là non pas des pieux ou autres réverbères urbains, mais bien potos, amis ! De circonvolutions en tours (pas de con), nous avons visités des papas avec enfant et chien(s) – d’ailleurs je me demande comment ils font les Roumains pour trouver toujours des cadors super gracieux, hormis la Diane qui voulait nous bouffer parce que l’on approchait trop près de son rejeton – des femme aux enfants faisant la sieste (non c’est pas le titre d’un tableau), et toujours les mêmes habitués de la rue Victor Hugo. Normal : ce doit être la seule rue de Lyon qui offre des courants d’air ! Hervé-guitare, Octavianus, Miguel, Sorin, le monsieur aux pins, et bien d’autres (je vous le fais dans le désordre)…

Sous l’échangeur de Perrache, rien de nouveau, nous croisons avant d’arriver trois femmes qui partaient en quête d’eau avec trois énormes bidons, et, toujours les tentes abritent ces familles, atmosphère glauque, mais au moins, ils sont à l’ombre ! Les trois femmes firent demi-tour et nous emboitèrent le pas en nous assénant une joyeuse cacophonie de rires. Hier, ils étaient peu nombreux, et du coup moins fébriles qu’à certaines de nos visites. C’était très convivial et bon enfant, on se serait presque crû au camping  des flots bleus…

Les maraudeurs tout neufs, c’est bien, des bras supplémentaires, et un supplément d’âme. Ça nous permet de renouer à nouveau avec ce sentiment d’être grandi, de toucher à notre propre humanité en rangeant au placard nos égocentrismes transfigurés. Et l’on se sent vivant !

Publicités

14 réponses à “Maraudes et canicule…

  1. Virés des squatts non loin de mon quartier, ils ont élu  » domicile » dans un champ plus ou moins cachés des regards des riverains par des buissons assez touffus. Ce qu’il leur manque cruellement c’est de l’eau !!! les femmes font la manche aux feux rouges, elles sont grillées par le soleil …. C’est terrible… . Je leur ai montré un raccourci pour aller à une fontaine encore ouverte non loin du terrain qu’ils occupent…mais quand même à plus de 10 minutes de marche…Avoir fermé, puis condamné le squatt où il y avait un point d’eau c’est un crime….

  2. Le placard, on le range au printemps… On le chamboule en hiver… Mais l’été…
    Belle soirée « quand même » comme dirait Nathanaël !

  3. Je suis également au ralenti, ce n’est pas le temps qui me manque mais l’inspiration, si je n’étais pas si loin j’irais vous accompagner………
    C’est vrai que l’été aussi c’est compliqué, bravo à vous tous et toutes et merci pour eux.
    Bonne journée Pascale !!!!!

  4. Comme Jonas je reste en admiration
    Moi, pas audacieuse du tout plutôt couarde…

    (Pascale, j’ai répondu longuement à ton message/passage chez moi, je vois que tu ne m’oublies pas, merci mon Jiminy Criquet s’ébroue )
    Poignée de main amicale.
    jamadrou

Vos pensées

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s