Carnets de maraudes.

Hier nous étions deux pour la maraude. Isa et moi. Soleil pluie pluie…

Elle commença mal cette maraude assombrie déjà, par les nuages, et une nouvelle qui devait colorer de noir notre élan : Yves, qui dormait souvent aux impôts en compagnie de Robert et de Thierry, est décédé. C’est Thierry qui nous a informées, en tout début de maraude…

Elle commençait donc mal cette maraude.

Une crise cardiaque, ça arrive à tout le monde…

Mais Yves était un tout petit homme qui ne demandait rien à personne, un petit homme que l’on voyait de temps à autres, un homme parmi ceux qui meurent dans leur coin, seuls…

La nouvelle avait fait le tour de la rue, les bruits circulent vite. Solange, Octavianus, déjà savaient. Les yeux se teintent de tristesse, une tristesse discrète, visqueuse…

Nous étions deux, cela ne permet pas de voir beaucoup de monde, hormis « ceux de Perrache », tous assis à l’abri, la pluie s’annonçait. De la position assise, ils se levèrent et nous encerclèrent et comme à l’habitude,  nous tirant les manches. Ils font peur, ils dérangent, ils font désordre dans le deuxième arrondissement. Ils ne sont pas de chez nous, et nous rappellent par leur présence que le monde va mal, que l’Europe ne prend pas en charge les plus démunis, alors ils voyagent en quête de terre promise…

Ils me rappellent certaine époque de l’histoire que l’on aimerait parfois oublier, celle des tickets de rationnement, celle où certains, pour survivre dénonçaient les uns. D’autres s’entraidaient pendant que d’autres encore collaboraient…  Collaborer dans quel sens ?

Que ferions-nous à leur place ? Que ferons-nous lorsque la finance aura raison de nos pauvres épargnes, pendant que certains hommes politiques désignent de manière cynique les démunis qui soi-disant aggravent la dette, alors qu’ils remplissent leurs poches à coups de dizaines de milliers de dollars en spéculant sur les dettes des états ?

Mais je m’emballe, je m’emporte, que je m’en-politique, ils mentent-les politiques… Circulez y a  rien à voir ?

D’histoires sordides en histoires sordides, certains n’ont pas eu la chance d’être nés au bon endroit, au bon moment, et, ils tentent désespérément de trouver « un bon endroit »…

Changeons de sujet (ou pas), hier, nous étions occupées à donner quelques bricoles à Gandalf (Octavianus), je gênais avec mes valises et mes thermos posés devant la porte cochère d’un immeuble bourgeois de la rue Victor Hugo, lorsqu’une pas moins bourgeoise s’adresse à nous comme à des clébards « vous ne voyez pas que vous gênez » dit-elle, « on aimerait bien rentrer chez nous », « justement, certains aimeraient bien en avoir un chez eux », je rétorque, faut pas m’chauffer en maraude. Elle insiste, « c’est pas une raison pour nous empêcher de passer ! » continue-t-elle en se dirigeant vers les escaliers.

Conasse ! Elle qui n’avait pas une minute, impatiente elle était que l’on débarrasse le plancher, le béton sur lequel était assis Gandalf, sur lequel il dort depuis des lustres… Peuvent pas dormir ailleurs les clodos ?

Nous vivons une époque formidable, décidément !

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3 réponses à “Carnets de maraudes.

  1. Une époque formidable, tu l’as dit… Tristesse que ce décès, déception et colère avec cette femme au coeur dur comme le béton-lit des sans-logis. Pfff…..
    Jonas

  2. Merci Jill de cette visite impromptue… Pas si impromptue que ça : vous êtes déjà venue !
    Ah la toile est un tout petit pays finalement !
    à tout bientôt j’espère !

  3. Bonjour Pascale… c’est sur une invitation de jamedrou que je découvre votre blog… et vos mots, oui l’été c’est aussi cela, aisés on peut s’en plaindre de la chaleur nous avons douche et ventilo mais dans la rue… sans compter les personnes âgées qui succombent seules à la canicule déjà connue… alors ne nous plaignons pas du temps, nous les râleurs nantis… Merci… jill

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