Maraudes encore,

Hier encore nous avons effectuée une maraude sous le soleil. Et pour cause : nous l’avions avancée d’un jour, car notre grenouille savait qu’il pleuvrait aujourd’hui !
Cela dit, nous avons pu offrir un café ou un chocolat, un gâteau au yaourt ou un gâteau au chocolat (faits maison, les gâteaux).
Vidées, nos valises, une fois de plus !
Les besoins sont toujours aussi importants, les chaussures surtout nous sont demandées constamment, les chaussettes partent mieux que des petits pains, et je me sens l’âme d’une multiplicatrice lorsque je les sors devant les yeux réjouis de ceux que nous « visitons » !
Plusieurs familles dorment dehors, toujours, à Perrache… Ce sont des nouveaux venus, depuis deux mois environ. Ils commencent à répondre aux sourires, pour certains, il est difficile de partager, les plus discrets attendent patiemment quitte à ne rien avoir, pendant que les autres, plus avides, se faufilent, ouvrent les valises presque, glissent les mains afin d’attraper une nippe, et je me sens alors comme au temps de l’occupation allemande.

Chargées comme des baudets, il nous manque toujours quelque chose, il leur manque tout ! Ceux du dehors…
Nous avons rencontré la famille Albanaise qui est logée à l’hôtel depuis quelques temps maintenant. Elle ne vient que rarement à Perrache. Il faut dire que tous les quatre sont obligés de traverser la ville depuis l’hôtel pour se rendre au restaurant solidaire. Deux allers et retours chaque jour, ça occupe ! Mais les garçons fréquentent l’école, comme le père nous dit la maman en riant. En français cette fois. De temps à autres ils nous donnent des nouvelles. C’est plaisant de constater que beaucoup font tout ce qu’ils peuvent pour s’intégrer : ils apprennent le français à vitesse grand V, comme la plupart d’entre nous aurions du mal à apprendre leur langue.

Petits cours de langue express avec certains, fous rire, et hop ! J’ai déjà oublié… Mais pour moi, il ne s’agit nullement de survie…
Et puis nos habitués, ceux que l’on voit épisodiquement disparaître et qui reviennent, hélas pas de « vacances », ceux qui nous attendent chaque semaine, parmi eux Octavianus, Mircea (Miguel)… D’autres passent…
Les maraudes se suivent mais ne se ressemblent pas. C’est sans doute cela qui est frappant et riche : nous apprenons à chacune d’entre elles, d’eux, de nous-mêmes.
Et puis, l’on se sent bien à ne pas tourner le regard, à se soucier un peu moins de son nombril en donnant un peu de son temps à d’autres qui n’ont que du temps, eux, à dépenser comme ils le peuvent…

Allez ! à la prochaine !

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Une réponse à “Maraudes encore,

  1. Merci pour cet excellent rapport d’une journée de maraude. Ils ont de la chance à Perrache de vous avoir… Bises.
    Jonas

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