Centres d’hébergement… Extrait de Maraudes Lyonnaises

Centres d’hébergement

         Beaucoup de personnes que nous rencontrons refusent de fréquenter les centres. Inconscience ? Ou prudence ?

         Face aux risques à errer dans les rues, il y a ceux, ignorés souvent, des centres d’hébergement.

         A l’intérieur, une faune odorante y sommeille.

         Supporter des odeurs d’urine, de vomi, de corps délabrés de certains individus… Certains se lavent. D’autre pas. A trop fréquenter la rue, ces autres trouvent un genre de bestialité. Ils se pissent dessus, vomissent, pendant leur sommeil, ça suinte, ça traverse la couche jusqu’en dessous.  Et l’on a hérité de la couchette du bas !

         A l’intérieur, il est une faune maligne qui s’insinue parmi les plus faibles, ceux qui ne savent se défendre. La nuit, lorsque le silence se fait, que celui-ci, épuisé finit par s’endormir, sac-à-dos encore attaché à ses épaules, certain autre s’approche et coupe les bretelles. Il dort, il ne l’a pas fait depuis des nuits, des semaines peut-être. On le vole et il ne sent rien. Au petit matin il est léger, il est nu presque. Pas plus que dans la rue il ne sent à l’abri.

         Pire encore. Les lits sont affectés à mesure des arrivées. Si l’une des chambres, de quatre places est disponible, une bande la réclame, personne ne lui interdit, le personnel du centre n’est pas un garde chiourme. Trois hommes attendent qu’un dernier, seul, vienne se coucher sur la dernière couchette. Ils guettent, quand beaucoup plus tard ce quatrième entrera, dans l’obscurité de la chambre.  Le couteau sous la gorge, il ne l’aura pas vu venir, la menace, il l’entendra, trop tard. Il a le choix, « se faire démonter la gueule », la phrase est explicite, ou donner tout ce qu’il a. Le personnel n’est pas loin, mais le silence persiste, l’homme a peur, ils savent où il traîne, ils lui ont dit. Il ne criera pas. Ne parlera pas. Mais jamais il ne retournera dans un centre. Dans la rue il se terre, seul, n’adresse plus la parole à personne…

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2 réponses à “Centres d’hébergement… Extrait de Maraudes Lyonnaises

  1. Parfaitement d’accord avec toi Nathanaël.
    Certains dorment à l’abri d’une église, lorsque le locataire du lieu daigne leur ouvrir les portes… Car ce n’est pas une évidence pour tous… Mais chut !

  2. Dans les centres ils retrouvent un concentré recuit de la société qui les a mis à la rue… Autant y rester, sous les ponts la nuit est d’étoiles, le centre n’en a pas une seule ou sombre, très sombre… J’irai dormir à l’ombre d’une église, qu’une poussière de dieu s’éparpille et me trouve peut-être…

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