Maraudes Lyonnaises (4)

Plus que deux jours avant l’Apocalypse…

Hier soir, nous y étions presque. Nous voilà partis bardés de nos petits colis festifs, préparés avec amour juste avant de partir en maraude.

Confluence…

Comme un bateau, entre Rhône et Saône. Seulement, tous ne peuvent embarquer. Brigades de police en surbrillance. Le quartier est défendu. Mais de qui, et contre quoi ?

Il traîne çà et là quelques fantômes. Le quartier délaissé était le théâtre  d’activités pas toutes respectables. Une prison, quelques bars à putes  – l’une va-t-elle sans l’autre – des immeubles moches et glauques. De ce passé populeux, il reste un LIDL. Qui fait désordre juste à côté du luxueux centre commercial, énorme, élégant, le seul à être sorti de terre pour le moment, le musée on verra plus tard. Un centre commercial ça rapporte plus qu’un musée ? Il détonne un peu au milieu de ces travaux et des spectres de la vie d’avant. Mais « avant » ne signifie rien. Les sans-abri y ont encore leurs cantonnements …

Hier soir donc, il y avait cette femme avec une fillette dans une poussette. Sourire timide, recroquevillée, elle attendait. Presque étonnée de nous voir nous installer près d’elle pour lui donner deux petits colis de noël. Elle parlait italien. Heureusement que je baragouine quelques langues, vestige de mes précédents voyages… La fillette se fendit de larges sourires pour répondre à la récréation que nous lui offrions, à elle et sa maman, auxquelles les regards fuyants étaient adressés. Nous la croisâmes plus tard dans la gare, la fillette nous fit un grand signe, comme à une vieille connaissance.

Puis il y avait cet homme. Seul. Il prit le colis, nous lui demandâmes où il dormait. Il avait une chambre sociale à une dizaine de kilomètres, nous étions rassurés car il avait une femme, et un tout petit, de dix-huit mois. Il n’accepta rien pour lui, il dit « je me débrouille », mais il était désolé avec noël qui approchait, pour son petit, qu’avait-il à lui offrir ?

Je me suis revue, les jours de disette, il y fort longtemps, et, même si je n’ai jamais été à la rue, je me souviens de la main tendue de cette voisine qui me laissait de petits sacs de nourriture accrochés à la poignée de ma porte qu’elle récupérait au boulot.

Il a un abri alors… Oui, mais de nos jours, le travail ne paie pas. Certains profs à Paris dorment dans leur voiture car leur salaire ne suffit pas à couvrir les frais d’un loyer. De nos jours, certains travailleurs vivent sous une tente, ou mendient pour bouffer…

Décidément… C’est quand l’Apocalypse ?

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